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« Des maux derrière les mots. »

« Des maux derrière les mots. » J’ai lu cette phrase récemment et elle m’est restée.

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« Des maux derrière les mots. »

J’ai lu cette phrase récemment et elle m’est restée.

Probablement parce qu’elle m’a rappelé quelque chose que je fais en formation.

Souvent. Très souvent.

Beaucoup trop souvent, diront certains participants. 😇

Dès que j’entends :

« Il faut… » « Je dois… » « C’est pas mal… » « C’est cher… » « On n’a pas le choix… »

Il y a de fortes chances que je réagisse (c'est même sûr et certain).

Encore. Et encore.

Au point que certains doivent probablement entendre ma voix dans leur tête plusieurs jours après la formation :

« Tu viens vraiment de dire IL FAUT ? » 😱

Mais si j’insiste autant, ce n’est pas par amour obsessionnel du vocabulaire.

C’est parce qu’à force d’être répétés, les mots finissent par construire notre façon de regarder une situation.

« Je dois appeler 20 clients aujourd’hui. »

Avant même le premier appel, le cerveau a déjà compris que la journée allait être "terriblement 😰" formidable…

Et ce n’est pas uniquement une question de moral.

Nos mots influencent aussi la conversation avec l’autre.

Une obligation peut créer de la résistance.

Une formulation négative peut orienter l’attention vers ce qui ne va pas. Un « pas mal » peut transformer un compliment en quelque chose d’étrangement tiède. Un « c’est moins cher » peut installer un problème avant même que l’autre ne l’ait perçu comme tel (moins cher reste néanmoins cher...).

Les mots ne sont donc pas de simples emballages autour de nos pensées.

Ils participent à leur construction.

Voilà pourquoi je continuerai probablement à reprendre les « il faut », les « je dois » et les « pas le choix » en formation.

Oui, ça peut être agaçant. Oui, je peux être lourd (c'est même sûr et certain).

Mais quand un participant finit par s’arrêter tout seul au milieu d’une phrase :

« Il faut que… Ah non, merde, tu vas encore me reprendre ! » … je considère que la formation commence à porter ses fruits. 😂

Parce que le véritable objectif n’est pas de surveiller chaque mot.

C’est de commencer à entendre ceux que l’on prononce sans même y penser.

Il y a parfois des maux derrière les mots.

Et peut-être que prendre conscience des seconds permet déjà d’éviter quelques-uns des premiers.

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