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Notre cerveau n’est pas un juge qui cherche la vérité
Pourquoi remettre une conviction en question peut être vécu comme une attaque personnelle — et comment créer la permission psychologique de changer d’avis.

« Notre cerveau n’est pas un juge qui cherche la vérité. C’est un avocat qui défend nos convictions. »
Cette phrase explique bien certaines résistances rencontrées en formation.
Face à une nouvelle méthode, un participant ne se demande pas toujours : « Est-ce que cette idée pourrait m’être utile ? » Son cerveau entend parfois : « Ce que tu faisais jusqu’ici était mauvais. » « Tu t’es trompé. » « Ton expérience n’a plus de valeur. »
Car nos opinions ne sont pas de simples idées. Elles nous permettent de comprendre le monde, protègent notre estime de nous-mêmes et nous donnent un sentiment d’appartenance. Elles finissent donc par devenir une partie de notre identité.
Dès lors, remettre en question une conviction peut être vécu comme une remise en question de la personne. L’avocat intérieur entre alors en scène : il cherche les failles, sélectionne les informations qui lui donnent raison et prépare sa réponse… au lieu d’écouter.
Ce n’est pas nécessairement de la mauvaise volonté. C’est souvent un mécanisme de protection, renforcé par notre résistance naturelle au changement.
Apprendre, pourtant, c’est changer. C’est accepter que certaines idées qui nous ont été utiles hier ne le seront peut-être plus demain. C’est pouvoir dire « j’ai changé d’avis » sans entendre « j’ai perdu une partie de moi-même ».
Pour le formateur, cela implique de ne pas chercher à vaincre la résistance à coups d’arguments. Il faut d’abord écouter, reconnaître l’expérience de l’autre et créer un espace dans lequel évoluer ne ressemble pas à une défaite.
Pour l’apprenant, cela demande d’appliquer un précieux accord toltèque : ne rien prendre personnellement. Une idée questionnée n’est pas une identité attaquée.
Changer d’avis, ce n’est pas se renier. C’est parfois la preuve la plus concrète que l’on est en train d’apprendre.
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